Vous vous êtes acheté un casque de réalité virtuelle pour jouer ? C’est bien. Cependant, et contrairement à ce que vous pouirriez croire, cette technologie ne sert pas qu’au jeu vidéo. Récemment, j’ai suivi un séminaire à Helsinki où on nous a indiqué son importance sur le plan médical. Et j’ai été assez surpris par certaines démonstrations : elles étaient vraiment impressionnantes. Il est par exemple d’ores et déjà possible de traiter des personnes souffrant de phobies par ce biais. Presque 20 % de la population est atteinte d’angoisse, la question du traitement de ces troubles est donc importante pour la recherche médicale. Et la VR est une technologie parfaite pour traiter ces affections. Muni d’un casque, le patient peut en effet être confronté à l’objet de sa phobie irrationnelle tout en sachant qu’il peut quitter l’expérience en un instant. Un individu qui a une peur panique des arachnides peut de ce fait s’en approcher via la VR. Avec celle-ci, on peut en outre permettre aux individus ayant fait un AVC de recréer les connexions neuronales qui ont été détruites, ce qui va leur permettre de faire bouger un bras immobilisé (grâce à des capteurs cérébraux et une simulation en réalité virtuelle). Mais nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises, avec cette technologie. Dans la VR, l’on peut en effet être davantage qu’un humain. Et cela change tout ! A l’heure actuelle, l’individu s’incarne systématiquement dans un corps virtuel de forme humaine. Mais rien, en fin de compte, ne nous y enchaîne. Dans les années 1980, Jaron Lanier s’est ainsi efforcé de démontrer que l’humain pouvait aller au-delà de ce qu’il était : grâce à lui, des individus ont appris dans la ralité virtuelle à piloter une troisième main au fil des séances. Ce nouveau potentiel acquis par la RV ouvre pas mal de perspectives : ne reste plus qu’à entrevoir ce qu’on peut en faire. Mais je ne doute pas que certains trouveront des applications pratiques étonnantes ! Soit dit en passant, j’ai bien aimé ce séminaire à Helsinki. Tenez, je vous mets en lien l’agence qui a monté l’événement, si vous voulez jeter un oeil au programme.
Auteur/autrice : admin7325
La cogestion à la française
Le paritarisme, véritable alambic redistributif des prélèvements obligatoires, a besoin d’une refonte radicale Les enjeux sont formidables. Réformer un système de santé au bord de l’apoplexie, restructurer celui des retraites devenu obsolète, celui de la formation professionnelle, opaque, inadapté voire dévoyé… Il faut donc profondément rénover le modèle social français en le restructurant pour l’adapter à ces nouveaux défis – la révolution digitale, l’évolution démographique et celle du salariat, etc. À condition de surmonter un certain nombre de blocages de l’actuelle démocratie sociale, dont la gestion paritaire d’une majeure partie de ses domaines. Postures idéologiques, antagonisme traditionnel et positions acquises induisent un dramatique conservatisme, un immobilisme enlisant toute velléité de modernisation. Un défi lancé aux acteurs futurs de la démocratie politique. Un candidat à la présidentielle ne peut pas parler de ça?! Tant le sujet fâche et risque de provoquer nombre d’acteurs de la vie sociale. Certes, il peut gloser à l’envie sur les métastases actuelles de la démocratie politique et ses remèdes. Mais, déni, tabou, ou vache sacrée, il ne va pas aborder la quasi-mort clinique de la démocratie sociale. L’une des plus mal en point de toute l’Europe. Ce formidable alambic redistributif des prélèvements obligatoires, si gourmand en points de PIB – 6 % – a pourtant besoin d’une refonte radicale. Ce mutisme entourant les performances du paritarisme est largement partagé. À l’heure indiscutée des grandes mutations obligées, des réformes et restructuration de ces fameux amortisseurs du modèle social français, il existe en fait un singulier verrou bloquant toute transformation à la hauteur des enjeux. Le paritarisme. Est-il l’outil adapté pour la transformation systémique de notre système de protection sociale?? Quelle est sa valeur ajoutée, sa légitimité comme levier de changement?? Impossible de faire l’économie de ces interrogations. Pourtant elles sont tues. Lorsqu’il s’agissait de répartir la richesse opulente des Trente glorieuses, l’entente allait de soi au sein de ce système créé dans l’enthousiasme de l’immédiat après-guerre. Chacun – syndicats de salariés et d’employeurs – goûtait aux fruits de la croissance, les distribuant selon une solidarité évidente et des structures de conception simplissime. Les années passant, il s’est métamorphosé au point de devenir un modèle d’une complexité insensé. Sa logique, elle, est immuable. Par nature, le paritarisme pousse au compromis, à des réformettes, légères, n’écornant pas les situations acquises. Est-ce le meilleur levier de changement?? Car tout a radicalement changé. Ces missions d’intérêt général initiées grâce à des structures simplissimes sont devenues d’une opacité rare. Les alambics de décision se sont formidablement complexifiés, fossilisés, alors que l’époque réclamait au contraire davantage de réactivité et de performance dans un contexte de pénurie de ressources. L’évolution des formes de travail, les aspirations de la génération Y, la montée en puissance de l’économie sociale et solidaire, tout comme les particularités développées par les territoires, mettent en échec les anciennes normes sociales négociées pour un autre temps. “Par nature, le paritarisme pousse au compromis, à des réformettes, légères, n’écornant pas les situations acquises. Est-ce le meilleur levier de changement?? ” Selon certains experts, l’emploi et la formation professionnelle appellent tous deux une “réforme importante” qui, à terme, pourrait passer par la création d’un “régime unique de Sécurité sociale professionnelle chapeauté par un organisme unique de type Unedic gérant l’ensemble des questions liées au parcours professionnel”. L’adaptation du système de santé aux actuels défis du digital, de la transformation des pratiques, comme la rationalisation du système des retraites, sont autant de chantiers stratégiques dépendant des partenaires sociaux, décideurs bicéphales et paritaires. Mais de quel paritarisme s’agit-il?? Le Larousse répond?: “c’est un courant d’idées qui préconise le recours aux organismes paritaires pour traiter des accords entre patronat et salariat, et une technique de gestion dans laquelle les deux parties sont représentées à parité et prennent des décisions selon les règles strictes de répartition des voix”. En fait, il cohabite trois paritarismes bien différents?: celui dédié à la négociation, où les partenaires sociaux fixent les normes de la vie sociale… avec comme champ immense celui des règles du jeu des relations sociales, et plus largement l’encadrement du travail. Bilan?? Ont-ils réussi à les adapter aux besoins de flexibilité de l’époque, de mobilité des salariés?? Ensuite, le paritarisme qui se consacre à la gestion des organismes sociaux (caisses de retraite, d’assurance maladie, instances de formation professionnelle, etc.). Enfin, celui qui intervient dans le domaine des décisions de justice par le biais tribunaux des prud’hommes. “Il cohabite trois paritarismes bien différents?: celui dédié à la négociation, ensuite, le paritarisme qui se consacre à la gestion des organismes sociaux. Enfin, celui qui intervient dans le domaine des décisions de justice par le biais tribunaux des prud’hommes” C’est le deuxième, dédié à la gestion, qui focalise le plus de critiques. Dans tous les domaines, mais plus particulièrement dans celui de la formation professionnelle. Emmanuel Macron ne dénonce-t-il pas comme une majorité des décideurs politiques, l’opacité des 32?milliards et un système “capturé par les décideurs publics, par les organisations politiques et syndicales” ? Tandis que Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy prévoyaient la disparition pure et simple de ce type de gestion partagée. Avec une collecte des fonds de formation non plus confiée aux OPCA paritaires mais à l’Urssaf. Auteur d’un récent rapport sur le paritarisme, le député socialiste Jean-Marc Germain préconise, lui, la création d’un régime d’assurance formation géré par une agence nationale pour l’évolution professionnelle. “Le système paritaire français n’est pas improductif, mais il est nébuleux”…
Une caméra pour protéger tout le monde
C’est une excellente nouvelle que je viens d’apprendre : désormais, les contrôles d’identité se doivent d’être filmés dans 23 zones de sécurité prioritaires en France. Les policiers et gendarmes sont munis de quelques 2600 caméras portatives. L’on compte notamment parmi ces sites des ZSP du Paris intra muros, en petite et grande couronne, tout comme des départements tels que les Alpes-Maritimes.
Ce n’est encore qu’un test, qui prendra fin dans un an. Mais c’est à mon sens un pas dans la bonne direction. Ce dispositif est utilisé depuis un bout de temps chez nos voisins, et a clairement confirmé son importance. Le but de ces enregistrements est d’apaiser la relation lors d’une intervention : les fonctionnaires peuvent ainsi montrer qu’ils ont agit selon les règles, et les personnes contrôlées peuvent fournir la preuve en cas de bavure. Le dispositif est donc en principe utile à tout le monde. Au passage, ce système devrait permettre de faire l’impasse sur les rapports écrits, ce qui réduit énormément la partie administrative.Au terme de cette expérimentation, policiers et gendarmes fourniront au ministre de l’Intérieur un rapport pour mesurer l’incidence de ce système sur le bon fonctionnement des interventions. Si ce dispositif est validé, des affaires comme celles du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois devraient donc appartenir au passé. Cela devrait apaiser pas mal les tensions entre les policiers et les habitants ! Ceci dit, le policier peut oublier de déclencher le dispositif au moment d’intervenir. Mais je doute qu’un policier puisse être aussi distrait…
La misère du journalisme politique
Depuis quelques années, notre consoeur Natacha Polony fustige le journalisme politique qui tend à ressembler au commentaire sportif. Jamais elle n’aura eu autant raison qu’à l’occasion de ce débat. Tout y était. Pour ma part, j’étais sur France 2 et j’ai eu l’impression dès le début qu’on allait assister à la finale de coupe du monde. L’arrivée des joueurs au stade. Ouf, ils n’avaient pas leur casque sur les oreilles, les supporters n’aiment pas ça. La reconnaissance de la pelouse, c’est important. Les allers-retours avec le plateau, et les consultants qui nous expliquent qu’un tel a de l’avance sur l’autre au classement. Que le second doit « tout donner » pour faire son retard. On s’enquiert de la forme des joueurs.On s’interroge sur le rythme du match qui s’annonce. Viril ? Musclé ? Attentiste ? Un petit tour vers les reporters présents parmi les supporters des deux équipes. L’ambiance est là. Cela manque tout de même de drapeaux et de cornes de brume. Retour sur le plateau. Le vieux consultant FOG est là qui analyse le jeu des deux protagonistes. Si FOG est là, c’est que le match est sérieux. Du niveau d’un Brésil-Allemagne. Mais le débat commence, et on est déçu… Presqu’aussi ennuyeux que le premier match. Les équipes sont défensives. Quelques tacles virils mais corrects. L’avant-match nous avait promis une finale de coupe du monde, et on a droit à un Créteil-Belfort. D’un coup, on prend l’envie d’aller à la buvette. Et on épargne le résumé du match au lecteur. Parce qu’il va lire ce texte certainement de bon matin, et qu’il ne faut pas le rendormir. On en arrive donc à l’après-match. Des reporters partout, encore une fois. Au bord du terrain, pour recueillir les impressions des joueurs. Ont-ils le sentiment d’avoir bien joué ? Tel Didier Deschamps, ils esquivent les questions et font montre de langue de bois. Et retournent aux vestiaires. Formidable scoop : l’un des reporters parvient à obtenir la réaction de l’épouse d’un des deux joueurs vedettes. Isabelle a apprécié le jeu d’Alain, on s’en doute. Retour plateau. On refait le match, mais manque Eugène Saccomano. Il faut bien reconnaître que Nathalie Saint-Cricq n’a pas les qualités de l’ancien commentateur de RTL et Europe 1. Qui a bien joué ? Qui a gagné ? FOG cause tactique. Il appelle ça « méthode » mais c’est de la tactique. On en arrête là. On se demande si tous ces gens sont conscients du ridicule de leur mise en scène. Sont-ils dupes ? Qu’on se rende compte ! La moitié d’un journal télévisé, la suppression de « Parents mode d’emploi » qui a peiné ma fille cadette, pour un débat qui concerne quatre millions de personnes alors que 41 millions d’électeurs ont dédaigné cette primaire dimanche dernier. Ils vont faire quoi, lorsque ce sera la vraie finale de la vraie élection présidentielle, en mai prochain ? Prendre l’antenne à huit heures du matin ? Accompagner les joueurs dans leur échauffement ? Les interroger depuis leur salle de bain ? Aligner les débats à quatre, à cinq, à sept commentateurs en plateau, jusqu’au soir ? Suivre les véhicules des finalistes avec motos sous les vivas des supporteurs ? Sont-ils à ce point conscients du dédain qu’inspire la politique aujourd’hui, pour oser mise en scène si consternante ? Poser cette question, c’est y répondre. Le journalisme politique et le journalisme sportif ont aujourd’hui complètement fusionné.